JE SUIS UN PEU EN COLÈRE I

Kit de survie

J’ai longtemps hésité à poster des observations – point nettes – à caractère politique. Probablement une forme d’autocensure qui je le pense en rédigeant ces mots devrait elle-aussi faire l’objet d’une publication prochaine. Aujourd’hui, je tente cette première : « Je suis un peu en colère ! ». On verra ce que vous en dites ! Bonne lecture !

***

Je suis un peu en colère ! Pourquoi me demanderez-vous – ou non ? C’est bien simple j’ai vraiment l’impression qu’il y a quelque chose de pourri au Royaume de France.

Ce qui suscite mon irritation aujourd’hui est la publication d’un kit de survie au réveillon de Noël – et probablement à celui du premier de l’An – pour les partisans de La République En Marche (LREM). Envoyé par mail aux adhérents du mouvement, ce « kit » détaille les réponses à fournir au cas où la conversation lors du sacro-saint dîner en famille tournerait vers une critique de la politique menée par Emmanuel Macron et son gouvernement. Des consignes expliquent aux militants comment réagir à des affirmations comme :

— Mon revenu est trop maigre !

par un habile :

— Nous faisons tout pour que le travail paye mieux. Un salarié au SMIC gagnera 100 € de plus dès février 2019.

ou :

— Macron est méprisant !

par un très subtil :

Si vous avez perçu du mépris nous le regrettons sincèrement : c’est le contraire de ce qui guide l’action du président.

ou encore, si jamais le débat glissait sur l’ISF, par le péremptoire :

— Ce n’est pas pour faire un cadeau aux plus riches, mais bien pour relancer l’économie française et créer des emplois !

Ce qui est réellement étonnant dans le discours proposé à nos encartés LREM, est que leur parti imagine que leurs inféodés sont à court d’argument pour justifier leur propre appartenance au mouvement du Président. Comme si au fond, tout ce qui les avait conduits à aller coller des affiches, distribuer des tracts et soutenir la candidature du chef de l’État avait d’un seul coup disparu dans une vaste incompréhension, de la politique menée par le gouvernement d’une part, de leurs propres motivations à le faire d’autre part. Comme si au fond, il était normal d’aider ces sous-fifres à l’intelligence limitée, désormais incapables de justifier, encore une fois, à Tonton Jean ou Mamie Marcelle, leur soutien dépassé à une politique qui les conduit à la misère. Ne faut-il pas y voir une forme de mépris pour les militants ? La pauvreté des arguments proposée en est tout à fait la preuve. Peut-être que les créateurs de ce « kit » ont aussi rajouté à l’attention des destinataires eux-mêmes : « Si vous avez perçu du mépris nous le regrettons sincèrement : c’est le contraire de ce qui guide notre action en vous envoyant ce kit. ».

On peut aussi s’interroger sur les raisonnements économiques qui sous-tendent les affirmations proposées : le ruissellement ? La main invisible ? Le succès tout relatif des politiques économiques ultralibérales menées par Margaret Thatcher, Ronald Reagan ou Gerhard Schröder ? On a vraiment l’impression que la modernité est bien loin des préoccupations de ce gouvernement qui est censé nous porter vers le 21ème siècle et qui pourtant ne fait que singer ce que l’on faisait dans les années 80, époque de prospérité, s’il en est. Évidemment, on nous serine que les réformes nécessaires n’ont pas été faites… Nécessaires à qui ?

Doit-on dire à Tonton Jean au RSA ou à Mamie Marcelle à la retraite, qui l’un comme l’autre ne sont donc absolument pas concernés par l’augmentation du SMIC, que les 100 € octroyés vont ruisseler sur eux et les rendre prospères ? Que l’ISF supprimé sur le confortable magot de 25 milliards d’Euros de François Pinault va réellement les aider à se chauffer mieux ?

Je suis un peu en colère !


Je suis un peu en colère II

Observation suivante

Observation précédente

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :